paulo j ferreira lopez- karoline leblanc
kumbos
atrito-afeitoatrito_afeito 008
cd
Après le titre « A square meal » en quatuor (chroniqué dans notre numéro papier 113), nous retrouvons Paulo J Ferreira Lopez en duo avec Karoline Leblanc. La rencontre du piano et de l'électronique sur une composition de Paul JFL, paru sur leur label atrito-afeito. Quoiqu'en duo, les deux improvisateurs basés à Montréal multiplient les instruments : le piano, l'harpsichord, l'orgue et le field recordings pour Karoline, les synthétiseurs, le magnéto à bandes, un dispositif « électroméchanique » et les percussions pour Paulo. Une pièce découpée en de nombreuses parties offrant de beaux moments de silence et de respiration, présentée en une seule et même plage de 45 min environ. La profondeur du piano enveloppe des électroniques parfois croustillantes, souvent aiguës et à la teneur acousmatique de temps à autre. Les percussions sont quant à elles plutôt discrètes et se concentrent sur le timbre des cymbales jusqu'à ce que dans la deuxième moitié du disque s'installent des rythmes échantillonés en direct, au « son » presque trad'. Comme on dit en sport, « nous entrons dans le dernier quart d'heure » sous des contours électroacoustiques vibrants, sur des pulsations dynamiques, des aspirations frétillantes annoncent des cloches, ça crépite de toute part pour laisser apparaître quelques très fins field recordings. Le piano semble soutenir le débat (de belle manière) et appelle les voix sur les toutes dernières parties du disque. Des voix de femmes souvent. Souvent lointaines, a priori orientales, parfois et peut-être de cathédrale. Une fin toute cinématographique clôt les débats. Je retiendrai de ce disque certains paysages justement, mélange d'urbanisme et d'horizon, dans une électroacoustique très fraiche. Chaudement recommandé.
cyrille lanoë
molecular
warmest regards
hiddenseerhdsr002
lp
Un quintet dont les membres nous ont habitué à du post rock ou post punk américain à travers les groupes Enablers (avec entres autres Joe Goldring et Doug Scharin) pour le poète Pete Simonelli et le batteur Sam Ospovat, ou encore les Swans avec Algis Kizys à la basse, ou bien le violoniste anglais Simon Goff et enfin Lynn Wright de And the Wiremen à la guitare. Sept mouvements capturés live à Londres en 2015, sortis en vinyle en ce mois de novembre dernier. De l'improvisation rock tendance free rappelant Open City ou encore le Captain Beefheart sur le titre du disque ou « Presence », son suivant, le ton arrogant est le même, le timbre de voix s'y méprend, la diction aussi. La musique est soutenue, tendue, aussi dark qu'électrique, démarrant pourtant l'album sur un long post rock du début 21ème, le poète remerciant, en guise d'introduction, le public d'être présent un dimanche.... Le reste est on ne peut plus vindicatif, se rapprochant parfois du groupe Grinderman (avec Nick Cave), tout en tissant une improvisation aérienne, sur ces poèmes à tendance beat generation à mon goût, s'étripant avec une basse lourde la plupart du temps. Ce qui me fait dire que les fans les plus curieux, et pourtant ils le sont déjà de Shellac (et patients car en fin de disque), en auront aussi pour leur grade. Un disque qui plaira aux lecteurs du site stnt.org et à son agitateur et ami Erwann.
cyrille lanoë