bot
compositions continuums des machines
fibrrfibrr 011
distribution : metamkine
cd
Jardin sonore. Jardin sonore naturel ou jardin sonore artificiel ? Ou les deux ? Qui influence l'autre ? On ne sait plus. Un artifice numérique directement inspiré de son environnement, et qui en créent de nouveaux, des environnements. Une traduction du réel. Recraché illico, filtré. Tiens ça vous rappelle rien ça cette histoire de réel, de vie filtrés ? Vous êtes sur ? Musicalement et esthétiquement je trouve ce disque construit un peu à la manière de Jacques Brodier, et son superbe vinyle "Filtre de réalité", chroniqué ici-même en janvier. On vient capter du dehors pour le mettre dedans via des patchs branchés en série, en streaming plus précisément. Là une cloche, ici une sirène au loin, qui se rapproche parfois, ou encore par là, des cris ou encore des oiseaux. Tout est appel. Un patch lance une information aussitôt relayée par ses camarades, sur le modèle du Poulpe, déposé en copyleft par Apo 33. Une dream machine aux connections multiples, aux signaux qui nous font dire que tout ne va peut être pas si bien, une fois face au miroir. Une remise en question du présent. Du vivant sur la machine. Qu'on arrivera pas à maitriser. En est-ce le but ? Je ne pense pas. Une superbe balade numérique que je n'aurai pas penser apprécier autant. 
 
 
 
 
 
cyrille lanoë
marihiko hara
flora
drone sweet dronedsd011/ncd-02_2013
distribution : metamkine
cd
Marihiko HARA joue un piano vaporeux et donc très ambiant. Il nous propose onze titres suspendus, aériens, foncièrement mélodiques. Il me revenait souvent les notes du disque de Sylvain Chauveau autour des reprises de Depeche Mode ("Down to the bone", DSA) en écoutant ce "Flora". Pas étonnant d'apprendre qu'ils ont collaboré ensemble. Cela commence en craquements m'évoquant quant à eux, le disque d'Ezramo sur Corvo Records. Mais juste le temps des deux premiers titres. Ensuite cela devient vite très ambiant, avec un léger côté Biosphere ici ou là. Marihiko HARA a aussi collaboré avec Simon Fisher Turner sur une danse contemporaine intitulée Chroma et dirigée par Shiro Takatani. Son univers colle superbement bien à cette dans transversale, sur des jeux de contraires, le noir et blanc, la lumière et l'obscurité, la construction et la déconstruction, le tout dans une lenteur assez captivante je dois l'avouer. Ce qui m'a permis à sans doute un peu mieux apprécier ce disque qui néanmoins, sans les images, peine à me surprendre, à m'étonner, dommage. 
 
 
 
 
 
cyrille lanoë
sult
harm
bocianbc-su
distribution : metamkine
lp
Bocian édite énormément de disques. Souvent très bons, du free-jazz de haute volée aux électroniques abstraites de très bon goût. Celui-ci en fait partie. Dans la catégorie impro collective minimale. Un quatuor américo-norvégien dans les cordes avec deux contrebasses, une guitare acoustique, et la percussion avec un batteur. Mélange parfois un peu casse gueule, rythmiques quasi psychées, ultraminimales, SULT se plait en à peu près dans toutes les pratiques, toutes ces ambiances. Cinq titres qui ont du corps, brassant les crissements de cordes, travaillant le bois, la peau, la matière, aussi bien sonore que physique. Des textures touchantes, par ses ondulations en survol teintent ce disque d'une atmosphère froide mais rassurante, vivante. Souvenez vous des disques parus sur Insurbordinations, avec la participation d'Abdul Moimême. Nous sommes dans les mêmes ambiances acoustiques, qui ont du style, une patte sonore. J'aime particulièrement cette batterie usant avec bon escient de cloches et cymbales, et rappelant parfois ses camarades à partir en rythmiques endiablées sur la deuxième face. Et je ne cache pas mon plaisir à réentendre une guitare acoustique parfois proche de Derek Bailey, et de certaines productions Potlach, comme Miséricordes par exemple. Et plus près de nous le Streifenjunko, bien que plus esthétique dirais-je que SULT. Plus travaillé. Ici nous avons les résonances en plus, et ça, ça joue. Je trouve ce disque très bon, de ceux qui font définitivement du bien.
cyrille lanoë
gustoforte
souvenir of italy
plastica marella
lp
Deux pièces en plein cœur des années post punk, post disco et collages arty en Italie. Deux pièces en plein cœur des années 80, l'une en 1985 avec "La Merda che fuma", et l'autre en 1986, avec "Souvenir of Italy". Il y a peu, j'ai suivi un documentaire autour du collectif Trax, et autour du label Mutazione, dont le label electro Strut vient de sortir une compilation. Et j'ai donc pu découvrir une partie immergée de cette scène electro/new wave en Italie, que je connaissais d'ailleurs très peu. On retrouve cette ambiance sur ce très beau picture disc dont il ne reste plus que 23 exemplaires des 150 copies disponibles en vinyle (première fois que je vois cette information sur un site web), et une version cassette quant à elle a priori plus facilement disponible, avec un côté arty, industriel, aux collages improbables d'hymnes, de surf pop, de piano, de boites à rythme d'époque. Un bricolage qui les rendrait presque les Smegma italiens. En plus exacerbés sur les collages. Les amateurs d'electronica sauront tout aussi apprécier, principalement ceux qui parfois s'aventureraient du côté de Vitamin b12. Ici on parle plus de la face "Souvenir of Italy". Ce qui sonorise le plus le sous-titre du groupe, "GUSTOFORTE, Italian Antipop Group". Sur "La merda che fuma", soit la face opposée, on met un pied dans l'électroacoustique. Et dans un foutoir organisé souvent prêt à faire dans la déconnade et introduire, dans les premiers, les sonorités 2 beats d'une game boy, dans un énième degré que manient tout aussi bien les Micro-Penis. Ce disque est donc un non-disque de post punk, un non-disque bruitiste, un non-disque de new wave, mais tout ça à la fois. Et vingt ans après ça sonne encore très bien. Mais l'on ne sait pas trop pourquoi on l'a ressorti ce disque. Surtout à si peu d'exemplaires. Surement pour bien garder encore le secret. Un non-disque je vous disais. Mais dépêchez-vous, vous disais-je aussi.
cyrille lanoë
joris rÛhl & antez
s/t
obs.obs*instrument|046
distribution : metamkine
cd
Ces deux artistes étaient fait pour se rencontrer. Autant sur disque que le temps d'une tournée commune comme celle de début 2013, et ce disque donc, deux live enregistrés en 2012 à Zurich et Grenoble. Deux artistes au caractère musical intransigeant, radical, au cœur du sonore exigent, à l'exploration de volutes droniques, du sonore sur le fil. ANTEZ aux percussions, Joris RÜHL à la clarinette. Deux adeptes de la virevolte sonique, défiant les fréquences naturelles, faisant tourner ou tournant dans et autour de leur instrument. Les deux ne font qu'un. Dans une alchimie au plus près de la matière. Une matière sèche, un désert de particules au vent. Au vent du souffle, celui du cuivre sur la peau, celui véloce de la clarinette, parfois aussi fin que massif. Après le désert, les paysage sou-marins pour le live de Grenoble. Les sons grincent de loin. S'électrisent. Se répètent. Antez faisant sonner ses cymbales comme des gongs. Et l'on se méprend même à sembler entendre des sonorités électroniques dans les résonances. Rappelant parfois la clarinette de Xavier Charles, le tenor de Michel Doneda. Si ces deux-là ont bien fait de se rencontrer, le label russe Obs, a bien fait de les éditer. Dans un catalogue de qualité et sous les noms successifs d'Observatory records et Observatory. Et vous lirez prochainement dans notre version papier (le numéro 98 pour être précis), une chronique d'un autre très bon disque du label, le duo Olivier Dumont et Rodolphe Loubatière.
cyrille lanoë
brou de noix
000
autoproduction
distribution : autodistribution
cd
C'est le nom qui m'a attiré. Brou de noix. Est-ce que tout le monde sait ce que c'est ? C'est un pigment issu de ce qui entoure l'écale de la noix. Une encre. Si l'on parle peu de musiques électroniques en ces pages, ce disque nous permet de savoir ce qui s'y passe. Nous avons bien parlé de Jean Ferraille ou Les Hauts de plafond. Ici tout est noirceur. Une noirceur electro punk sur le premier titre et plusieurs autres, qui m'a ramené à la compilation IVG et le morceau "Pat'lin de merde" par Alesia Cosmos. Parfois ça tape vraiment du pied comme sur "Wild things", tout est dans le titre. Très rythmique. Certaines escapades electronica me ramènent quant à elles à l'électronique anglaise des labels Warp et Rephlex. Ça vire même très cold wave sur le très bon titre chanté "Golden sunshine", un peu à la Receiver sur Cup of tea Records (ouh la ça date ça...). Puis la guitare se fait shoegaze sur le mécanique "Alhambra". C'est là qu'elle me plait le plus. Toute la fin du disque sonne assez technoide. Bizarrement bien plus que le début qui a su m'accrocher. BROU DE NOIX est le projet du très productif Fred Debief. Mastering par Norsq. 
 
 
 
 
 
cyrille lanoë
gabriel saloman
soldier's requiem
miasmah recordingsmiacd026
distribution : morr music
cd
Gabriel SALOMAN s'échappe à tous les sens du terme du trio Yellow Swans. C'est son deuxième album solo pour le compte du label Miasmah recordings, à sortir ce début novembre. La tension exercée dans Yellow Swans se retrouve effectivement dès le milieu du premier titre, longue plainte aux touches éparses de piano, la guitare sécateurisée à l'archet dans des envolées à la Godspeed you ! black emperor avant que le piano reprenne ses droits sans hausser le ton, mais plutôt dans une rythmique apaisante. C'est à se demander si le piano, entendu chez Ezramo ou Marihiko Hara ces deniers temps, ne revenait aux devants de la scène. Juste le temps de se poser la question et là un morceau ovni vient t'interpeller. Un solo de batterie enregistré au loin. Surement tiré par les cheveux mais dès la première écoute de ce morceau, j'avais l'impression (aidée par l'enregistrement) d'entendre les rebonds d'un ballon de basket. Drôle d'expérience. Surtout qu'on se demande bien ce qu'il vient faire là ce morceau. Car dès le troisième titre on retombe dans une electronica ambiant granuleuse, quasi sous un filtre de pluie. Au rythme d'une guitare très post-rock. Malheureusement sans qu'il ne se passe grand chose jusqu'à ce que ce que la batterie de tout à l'heure ne revienne, dans une marche quasi militaire rappelant ce deuxième intermède, qui s'appelait justement, "Marching Time". Sans pour autant sauver ce gros pavé un poil ennuyeux d'un quart d'heure, en plein milieu du disque. Pourtant il faut patienter, le final nous chatouillant de son côté quelque peu labradfordien. Il ne suffit malgré tout pas, à nous enlever ce goût d'inachevé et de quelconque.
cyrille lanoë