de gonzague
torpedo deluxe
de gonzague/f(x) recordsdg001
cd
Nouvelle proposition math-rock française, et nouveau duo guitare-batterie du sud est. Six titres racés, au son ample et très clair à la fois. Doté d'une bonne production, c'est dès le premier titre au nom provocateur, "Box Office", qu'on se laisse happer par des ambiances noise us qui m'évoquent sans hésiter Unwound. Un math-rock réductionniste, car non dans la surenchère de "plans" plus alambiqués les uns que les autres. Plus enclins à proposer des séquences et des ambiances, qu'ils vont faire évoluer vers des horizons répétitifs ternaires, avec un gros fond de sons gras et cogneurs, proche du stoner, comme sur "Bermudes", aux allures des débuts de Prohibition. Le math-rock, car il en est question quand même, se révèle sur le titre "S/t #6", proche quant à lui du duo nantais Room 204, en quasi plus jazzy, mais tout aussi tranchant. Le duo lui aussi se révèle tout au long des morceaux, même lorsqu'ils s'exercent à des harmonies plus post-rock sur "Chuck Barry". Définitivement c'est l'entame que je retiendrai, car aussi court soit-il, je pense qu'il y a un morceau de trop sur ce disque. Sa fraicheur rattrapant le tout. Catégorie "encourageant". 
 
 
 
 
 
cyrille lanoë
benoit cancoin
instants minuscules
blumlein recordsa025
distribution : metamkine
cd
"Il est le musicien de son intimité", dirait Charles Pennequin. Benoit Cancoin nous fait partager son intimité. Un solo déjà, exercice qui toujours me fascine. Bien souvent, comme ici, l'artiste se dévoile, se met à nu, nous donne ses tripes, nous donne des frissons. Quatre magnifiques pièces généreuses, enregistrées à la maison chez et pour l'hôte. Quatre doubles offrandes à sa famille, Benoit a joué chez ses frères et sœurs dans ce qu'il a appelé "la tournée des familles", et désormais à nous auditeurs ravis. Quatre voyages de quinze minutes environ avec cet archet qui danse, enrobe, sautille, et fait sortir les râles les plus vibrants de son instrument. Une musicalité de spectacle imaginaire, sur un jeu d'ombres animées, sur des histoires rocambolesques de poursuites du chat et de la souris. Évidemment on pense à Barre Phillips. Mais aussi au langage développé par tous ces artistes solo, de surcroit aussi discret qu'à la hauteur de leur art, comme Antez et ses continuums sur grosse caisse. L'instrument n'est pas le même, le propos et l'engagement est pour moi similaire. Et provoque cette même sensation de lâcher prise. Dans des paysages aussi tragiques que réconfortants ou euphorisants. Benoit Cancoin fait partie du Collectif Ishtar, et est notamment membre du Quatuor Brac. Un excellent mo(nu)ment ce disque !
cyrille lanoë