sculptress of sound
spectodrama
makiphonmakiphon001
distribution : a-musik
12"
Un maxi aussi extraordinaire qu'intriguant qui aurait figuré si j'en avais fait un, dans mon top 10 de 2014. Sorti donc en ce début d'hiver 2014, ce "Spectodrama" présente trois titres autour de la voix, sur une musique entre électroacoustique et compositions, présentée dans une enveloppe en forme de collages et de musiques industrielles. On croirait, sans aucune mauvaise critique ou intention, cette musique sortie du milieu des arts plastiques. Dans une approche très détachée de ce trio allemand, comme peuvent aussi bien le faire Ezramo sur Corvo Records ou The Jist sur Va fongool. Avec une sacrée touche no-wave qui offre un savoureux mélange à l'ensemble. Bonne année ! 
 
 
 
 
 
cyrille lanoë
melmac
un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort, un lion mort vaut mieux qu'un chien vivant.
ronda labelrnd.18
distribution : metamkine
lp
Ce disque sonne comme un retour. Un retour à un rock minimal, répétitif, instrumental et noise. Un retour car cela faisait longtemps que je n'avais pas entendu le duo devenu trio MELMAC, né à la fin des années 90 en pleine vague des groupes français étiquetés "post-rock" de l'époque tels Un Automne à Lob° Nor, Madrid ou Playdoh. Ici, à l'image d'un autre groupe parisien, Lena Circus, MELMAC muscle son post-rock justement, pour lorgner vers un free-rock parfois proche du projet La Vierge de Nuremberg sur "Viens là, faut qu'on s'cause !". MELMAC démontre à nouveau que les idées foisonnent encore dans cette propension à créer des paysages cinématographiques simples et efficaces comme sur "Un regard dans l'hypnagogie" et son successeur "Retour à Castletownbere", où la répétition laisse s'étirer une guitare en résonances entendues entre autres chez Hair and skin trading cie. Mon titre préféré au passage. Mon attention s'attache particulièrement au bon enregistrement et au bon mixage de cet album qui sait rendre les tensions au plus proche du jeu. MELMAC prend du plaisir et ça s'entend dans la générosité offerte par cet album. Cette générosité déjà écoutée sur le catalogue de leur label, Ronda, avec des disques d'Erik M en cie de Michel Doneada, Jerôme Noetinger ou Akosh S ou Sun PLexus. Avec pour finir justement, un dernier morceau excellent de par cet alliage de post-rock et de noise. Ce groupe me rappelle parfois Prohibition dans la démarche. Avec cette ligne de mire et de conduite dans le bon sens rock du terme, qu'ils ne lâchent pas et entretiennent encore une fois de fort belle manière.
cyrille lanoë
rijg
fig.a, fig.b, fig ab
vibratvacuumviva03
distribution : autodistribution
cdr
angelo gazzoli gil / chouin yves / garet jacob
plantiches
vibratvacuum
distribution : autodistribution
cdr
vivisection
vivisection 1 et 2
distribution : autodistribution
cdr
Vibratvacuum est un collectif angevin sortant des CDR et organisant concerts et autres résidences. Parmi les trois productions reçues, ce collectif semble tourner autour de Jacob GARET et Raphaël ILIAS. On les y retrouve ensemble à deux reprises. Trois productions assez variées étoffées d'univers issus de pratiques courantes d'improvisations et expérimentations collectives. Nous les retrouvons donc en duo sous le nom de RIJG pour un double CDR aux sonorités électroniques profondes, ondulantes, cousues de bruits blancs, de lourdes basses. Dans un principe de construction d'une masse en action, avec de belles attaques sonores. Ça c'est pour la partie live. La partie studio démarre sur des fréquences aigües, sur des espaces granuleux et venteux. Des ondulations aux résonances graves, en rotation continue. Parfois cela semble souffler de l'acoustique vite noyé dans des débris et vacarmes harsh noise. Cela semble surtout assez inattendu par rapport au live de tout à l'heure. Pourquoi pas, cela fonctionne pas mal aussi. Le tout est quand même assez rugueux et massif en conséquence. En conséquence de quoi on assiste ensuite à une électronique stagnante, avec des touches minimales bienvenues, ça joue plus libéré et s'engouffre dans l'écoute d'un drone en montage, qui s'arrête là ou a poursuivi la première pièce. Du débris on en retrouve sur la troisième. Pour encore un peu plus de douceur. Bien aussi. Le dernier essai, s'inscrit dans la réverbération. Un boomerang de syncopés synthétiques parfois proches du larsen de guitares s'étouffe électroniquement pour s'échouer sur un tapis de notes continues graves. Même si les pièces sont un peu longues et que nous avons affaire à un gros morceau, nous y retrouvons des propositions intéressantes de moments noise suspendus. Jacob GARET joue en trio sur le disque intitulé "Plantiches" avec cinq pièces ambiantes en compagnie de Gil ANGELO GAZZOLI et Yves CHOUIN. Une ambiante qui me ramène aux premières productions Touch d'Oren Ambarchi. Avec un grain que Janek Schaefer aime bien aussi. Visiblement ce projet me touche d'avantage que RIJG. Quelques saillies traversent ce canevas et le transpercent ici et là, avec une sensibilité plus électroacoustique que chez RIJG. Néanmoins toute la fin me semble dispensable. On hausse un peu le ton sur la deuxième pièce. On prend de l'ampleur et de la hauteur. Tout en restant sur des nappes froides en binaire. On se replonge dans certaines ambiances affectionnées par Jim O'Rourke. La troisième pièce pratiquerait presque une kosmische muziek à laquelle j'accroche moins. On reste dans l'ambiant malgré tout, et finalement s'inscrit avec cohérence dans le paysage du disque. Quelques frappes sur cordes et cloches garnissent la quatrième phase du disque, et réussissent à proposer un peu plus de corps à cette musique assez sombre. Une électronique quasi warpienne vient clore le chapitre d'un disque aux bonnes idées. On termine avec une performance inédite et pour ma part plutôt réussie. Il s'agit d'une destruction en direct d'un microphone qui plairait bien à Matthieu Saladin et sa chronique récurrente sur notre revue papier. Cette performance s'appelle Vivisection et est proposée par Raphaël ILIAS. Il s'agit simplement du suivi de cette destruction avec les commentaires en direct du chirurgien entendus en fonction de l'état avancé de délabrement du micro, plus ou moins bien distinctement. Le travail est opéré (c'est le cas de le dire) avec couteau et cutter. C'est assez drôle au bon sens du terme, et très sérieux à la fois aux vues du résultat. On y vient aux disques un peu plus courts ! Et ça marche à mon goût beaucoup mieux. En témoignent également les dernières productions avec une cassette du duo Yves CHOUIN/Guillaume Boissinot et un solo de Florian Tositti en mini-CDR 3 pouces. Allez vite écouter ce que cela donne sur leur site. Vous ne serez pas déçu de découvrir les terrains fabriqués par chacun de ces artistes, ceux évoqués ici et d'autres. Bien belle initiative. Bravo les gars.
cyrille lanoë
mathias delplanque
transmissions
cronica088-2014
distribution : metamkine
cd
Pali Meursault nous avait récemment emmené dans une imprimerie, Rodolphe Alexis et Stéphane Rives dans un train ou une usine. Mathias DELPLANQUE nous emmène au musée. Le Musée du Textile de Cholet. Plus précisément dans les rouages de métiers à tisser. Une mécanique sonore bien huilée. Qui nous plonge dans une musicalité quasi électronique (et pourtant sans grands effets ajoutés a priori), bien sur répétitive, profondément humaine. Profondément rythmique. A ce sujet on distinguerait presque les influences dubby d'un des projets de Mathias, Lena. Nous avons pourtant bien le sentiment d'une restitution quasi brute de l'action de la machine. A peine aidée de quelques nappes suggestives sans surenchères. Une action fine, délicate, millimétrée, chronométrée, métronomique. La majeure partie du disque est pourtant occupée par un autre lieu, un autre espace et un autre aspect nourri d’échantillonnages, et mûri par les élèves du Lycée Technique Livet (à Nantes) lors d'un workshop mené par Mathias. Cette fois les prises de sons de machines industrielles mises en boucle, sont beaucoup plus travaillées électroniquement parlant que sur les pièces du Musée. J'ai su après l'écoute qu'il s'agissait d'un workshop. Étonnement, les deux parties assez différentes de ce disque semblent ainsi bien cohabiter. Et fusionnent dans une belle cohérence. L'impression de la couleur ambiante du disque principalement laissée par la dernière pièce, la plus longue, ne change en rien l'impression de départ. Cette humanisation des machines et de l'espace, dans une musicalité mouvante, en perpétuel renouvellement. En pleine réflexion. Ce que j'aime le plus dans ce disque, réside dans le lien entre la musicalité des machines et les électroniques. Les deux parties s'inspirent. Dans un miroir de sonorités assez réussi.
cyrille lanoë
guillaume belhomme et guillaume tarche
item
lenka lente978-2-9545845-2-2
distribution : les presses du réel
livre
guillaume belhomme et guillaume tarche
time
lenka lente978-2-9545845-7-7
distribution : les presses du réel
livre
adolf wÖlfli
courte autobiographie
lenka lente978-2-9545845-6-0
distribution : les presses du réel
livre-cd
On reste dans le miroir avec les hors-séries ou émanations du blog Le Son du Grisli, sous le nom de Lenka Lente. Miroir inversé dans les deux premiers titres Item/Time. Miroir de la photo. Miroir de l'image. Mise en scène de pochettes comme Guillaume BELHOMME avait pu le faire avec son format plutôt fanzine du nom de Objets sonores, contrairement ici à une édition en imprimerie dans un format de poche A6. Miroir des pages qui se répondent souvent. Sur ces deux premiers volets, on y trouve pêle-mêle des pochettes de Sun Ra, Ride, Hubbub, Peter Brötzmann, Steve Lacy, David Grubbs répondant à Joe Colley, Derek Bailey, Amm, Merzbow, Sonic Youth.... Cette fois ce sont les images qui nous amènent au son. J'aime bien la démarche de faire parler les pochettes. Une belle curiosité dans la manière de faire passer des messages, et répondre à toute la nébuleuse du Son du Grisli qui s'exprime dans l'écrit et qui laisse donc place ici au visuel. Vous l'aurez compris, pas de texte ici. Une composition qui emprunte au collage, à la mise en situation. Un vrai partie pris qui ne manque pas de second degré dans la qualité. Cette série porte comme sous-titre Au Grisli Clandestin. S'ensuit une autre curiosité. Et cette fois place au texte avec la Courte Autobiographie d'Adolf WÖLFLI. Suffisamment courte pour faire froid dans le dos. Et la découverte pour ma part d'un pionnier suisse de l'Art Brut. Une sacré vie surréaliste, un père alcoolique, une mère qui meurt alors qu'il est tout jeune, le tout à la fin du XVIIIème siècle. Lui qui finira sa vie interné. Après quelques meurtres. C'est alors qu'il s'est mis à dessiner en quantité industrielle, à écrire également. Et aussi à composer une partition graphique. Réputée difficile, et de laquelle se sont inspiré les Nurse With Wound sur deux pièces, "Lea Tanttaaria" et "Great-God-Father-Nieces" qui n'ont rien à envier à l'Art Brut. Plein de bruitages, d'instruments mécaniques. Et qui accompagnent ce petit ouvrage de son petit mini-cd. Trois beaux objets dans la lignée des sorties liées au blog, comme sur Free Fight par exemple. Une très belle initiative.
cyrille lanoë
astatine
chamber fracture
orgasm recordsspasm51
distribution : autodistribution
cdr
lucky bone
borderline (in four parts)
public eyesore recordseh?78
distribution : autodistribution
cdr
Deux curiosités pour finir un week-end pluvieux. Et deux curiosités. ASTATINE est un projet de la nébuleuse Acetate zero et Orgasm records (remember Sun Plexus, Kg, Mr Quark...). D'ailleurs les dernières sorties Orgasm ne concernent que ces deux projets. En tout cas ça fait un moment qu'on entend parler de ces projets, très longtemps pourtant que je n'avais pas pris de nouvelles. La lo-fi reste intact. On est toujours dans l'esprit 4 pistes. Dans les vapeurs d'une noisy pop à l'américaine, Boyracer et Azalia Snail en tête. Dans le bidouillage des early Sebadoh et Pavement. Le tout dans un esprit très Hood. A l'anglaise cette fois donc. Les 19 titres sont ponctués de pastilles bruitistes et collages, encore plus présents sur la fin. L'ensemble reste assez intéressant dans la spontanéité.
LUCKY BONE est un projet de l'américain Neil Gravander. Projet bruitiste à sa manière qui mêle le plunderphonic, la techno minimale, et l'electronica. On pense à Kid 606 parfois, En plus déluré. Des collages improbables, des bandes à l'envers. Des prises de son bruitistes parfois entendues chez Alejandra & Aeron et les productions de leur label Lucky kitchen. Le clou du spectacle cette prise live d'un crooner de campagne assez drôle. Ensuite ça se brouille. Un son ultra lo-fi aussi ici. Assez surprenant.
cyrille lanoë