joshua abrams and the natural information society
simultonality
glitterbeat / tak:tilgbcd/lp 048
cd
sirom
i can be a clay snapper
glitterbeat / tak:tilgbcd/lp 051
cd
On connait surtout JOSHUA ABRAMS, pour sa participation au groupe américain de musique minimaliste et répétitive Town and Country, où il y tenait majoritairement la contrebasse. Depuis 2010, il a fondé un collectif à géométrie variable pour l'inviter à jouer avec lui sous le nom de la Natural Information Society. Je le suivais pour ma part sur ses disques solo, et c'est une bonne surprise de le découvrir en groupe. Et c'est sous des airs plutôt pop qu'il se dévoile, enregistrées en une seul prise chacune, les 5 pièces naviguent entre pop aérienne très Stereolab période américaine, krautrock très Can (sur « sideways fall »), jazz-rock entre Mice Parade, Cinematic Orchestra et Him, et le tout avait démarré dans un jazz osmotique et répétitif à la Sun Ra, très entrainant et excitant, le tout bien sur dans un esprit chicagoan. Donc oubliez le minimalisme, le silencieux, l'effleurement du contemporain de Town and Country, vous plongerez ici dans le rythme, le jam, ou l'impro comme sur le dernier titre, qui ne dit pas tout tout de suite, qui sent la fin de soirée, qui rappelle la harpe d'Alice Coltrane. L'instrumentarium est, j'allais l'oublier, assez inédit dans son assemblage, et est pour moi une des bonnes notes de ce disque : guembri (basse marocaine), harmonium, wurlitzer... Trio slovène, SIROM sort sur Glitterbeat/tak:til son troisième album. Si l'on parlait justement d'instruments un peu à part, notons la spécificité de ceux entendus ici (la voix en plus) : banjo, lyre, balafon ou violon entre autres. Un début en mode musique répétitive et traditionnelle (ou s'en inspirant) qui s'inscrit dans une démarche du groupe à équilibrer les musiques environnementales et acoustiques, comprenez le jeu en extérieur et pas toujours en public, de préférence en montagne. Alors ne vous attendez pas à du field-recordings, là n'est pas le propos. Plutôt à une écriture cinématographique, contemplative, derrière un voile de cordes qui n'est pas sans rappeler quelques escapades du label Constellation du côté de...Montréal, qui se retrouve sur ce qui pour moi constitue le moment le plus intéressant du disque, la deuxième pièce, « Boats, Biding, Beware ! ». Grand écart n'est-ce pas ? Sauf que le traditionnel reprend vite le dessus dans un jeu se rapprochant tout de même du rock. Là où le trio perd mon attention malheureusement.
cyrille lanoë