ryan choi
whenmill
off recordlabeloff odg049
cd
ryan choi
three dancers
accretionsalp060cd
cd
Ryan CHOI est un artiste hawaïen qui propose deux disques d'improvisations au ukulele, parfois bariton, ou parfois aux percussions avec un peu d'électronique très légère. Je ne le connaissais pas jusque là, et ne sait pas trop ce qui m'a dirigé vers sa musique, plutôt pleine de surprises. Vous l'aurez remarqué, du ukulele en impro est déjà en soi un premier étonnement au sens strict du terme car inhabituel, et donc une première bonne surprise. Deux solo très courts, trois pièces par disque pour à peine une demi heure chacun de durée. Je ne savais donc pas trop à quoi m'attendre, et j'avoue que son univers a quelque chose d'envoûtant, d'original dans sa quête de l'accord sec, de glissando jazzy proches des madrigaux de Noël Akchoté, ou d'un flamenco parfois abstrait et suggéré, comme sur la dernière partie de « Whenmill ». Sur le disque le plus court (tout juste plus de vingt minutes) « Three dancers », l'impro se fait encore plus rêche (jusque dans l'enregistrement de son souffle), plus bluesy, celui de la communauté noire de Floride dans les champs d'orangers, et qui rappelle dans un grand écart certaines escapades de Fred Frith, dans son originalité qui est toujours la sienne. Intrigant encore une fois jusque dans les percussions vibrantes en écho aux arpèges et jeu (pour certaines percussions) sur le bois de l'instrument, quand celui-ci fait corps et ne fait qu'un avec l'artiste. Ni révolutionnaires, et c'est pas ce qu'on leur demande après tout, ni originaux à casser la baraque, ces productions méritent toutefois une attention particulière, notamment dans leurs récits sonores au traitement dosé juste comme il faut, enre lo-fi et contemporain.
cyrille lanoë
compilation
orbital planes & passenger trains vol 1
sereinsere010
cd
Une compilation electronica sur le thème du voyage. Une elctronica très ambiant, que l'on pouvait écouter entre autres sur le label Ochre records au milieu des années 2000. Ce label avait d'ailleurs sorti un album sur le même thème de 90° South nommé « Plans for travel ». On pouvait aussi sur Ochre y entendre The Land of Nod, dont on pourrait rapprocher certains titres de leur univers. Beaucoup de piano dont un premier titre complétement dispensable, un peu de post-rock entre Tortoise et Ganger avec Colorlist, quelques belles incursions expérimentales avec Donato Wharton, de la guitare cristalline étirée avec Yui Onodera & Chihei Hatakeyama ou Brambles pour une soupçon des paysages tout en cordes entendus chez Constellation, une electro minimale faite aussi de guitare avec le très bon titre de Segue rappelant l'univers intriguant de Connan Mockasin. Voici ce que je retiendrai d'une compilation très inégale mais qui comme toute bonne compilation concentre deux ou trois belles découvertes. Pour les amateurs du genre bien sur... 
 
 
 
 
 
cyrille lanoë
a.k.klosowski
...plays the kassetteninstrument
gagarin recordsgr2035
distribution : metamkine
lp-dl
Je ne sais par quelle coïncidence autant de disques à tendance électro arrivent à la rédaction. Et pourtant de labels parfois là on ne les attendait pas, comme sur les dernières sorties Constellation dont vous pourrez lire quelques impressions dans notre prochain numéro papier de fin décembre. Et comme pour continuer (un peu) dans la lancée de l'avant dernière chronique autour de la compilation « Orbital planes & passenger trains vol 1 ». Sur Gagarin records peu de surprise quant à l'électro pratiquée et entendue ici. Fief de Felix Kubin dont je ne saurai que trop vous recommander ses disques sur Dekorder plutôt axés sur la composition comme l'excellent double LP Felix Kubin & Ensemble Intégrales. Fief d'une électro allemande maison forcément très froide comme toute aussi élégante et foisonnante. Pas très loin non plus, nous avons pu ailleurs sur Nashazphone découvrir sur ces pages et dans nos oreilles le formidable album de Porest. Même électro catchy et lo-fi, mais pas à la même époque. Ici nous sommes entre 1982 et 1984, folles années aux expérimentations encore et encore dévoilées à l'infini. Tout comme en fin 2013 nous avions pu découvrir les italiens de Gustoforte pour la réédition de pièces de 1984 et 1986 au même goût prononcé pour le cut-up, le collage, un grand jukebox démantibulé et en boucle. En boucle à l'aide ici d'un instrument créé de toutes pièces, surtout 8 walkmen reliés à une boite à partir de laquelle on peut agir (et même à -faible-distance). Tel un theremin « fou ». Sachez que A.K.Klosowski avait été repéré à l'époque par Kurt Dahlke (Pyrolator) afin d'enregistrer ensemble un certain vinyle du nom de « Hometaping is killing music ». Tout est dit. Allez-y...
cyrille lanoë