electromagnetic nantes collective
electrical signals
fibrrfibrr017
distribution : metamkine
2cds
Dans le Wire de février, la chronique Unofficial channels titrée Circuit sniffing, nous fait lire comment capter et jouer/interférer avec les ondes à l'aide d'une petite radio portative captant les ondes AM, liant le tout avec l'open source et les open music labs. Ce qui est aussi une partie des activités du collectif nantais Apo33, responsable du label Fibrrr records avec cette nouvelle sortie en format digipack/coffret double CD à l'ancienne. En poursuivant la lecture de ce même numéro du Wire de février, on y lit une chronique de ce même disque. Avec une allusion que je ne saurai vous décrire aux travaux de captations de La Monte Young. Cette captation traite sur le premier disque d'une intention d'attraper l'"inaudible". En duo, Jenny PICKET et Julien OTTAVI, s'équipent entre autres d'antennes VLF et de tout type de micros. Le tout pour étudier l'impact de l'homme (l'interférence) sur la propagation des ondes au minimum du spectre sonore. Du brut linéaire, de faibles variations, pas de doute nous sommes dans la matière, celle qui nous entoure, faite de tous petits événements. Le deuxième disque est celui de Julien OTTAVI en solo, enregistré à Nantes en fin 2006 et intitulé Electromagnetic Spectrum Research Code 0608. La matière est là aussi, toujours la même, celle des ondes électromagnétiques. En véritable chasseur de l’extrêmement petit, il nous emmène dans une plongée tête la première dans ce marasme des ondes. Plus musical à mon goût que le premier disque. Des retouches spartiates accrocheuses retiennent notre vif intérêt pour l'inconnu. Vu comme ça c'est réussi.
cyrille lanoë
sleaze art
infra
bocianbcsl
distribution : metamkine
cd
Bocian records poursuit son exploration de la scène française. C'est au tour du projet de notre collègue/rédacteur Kasper T Toeplitz SLEAZE ART. C'est en quatuor que le squelette de basses se présente. Le titre nous met sur la voie. Sur une composition de Kasper interviennent Eryck Abecassis, Frédéric Galliay, JB Hanak et donc Kasper. La magnifique photo, prise a priori en live par Eric Guyot, de la pochette intérieure, nous met aussi sur la voie. La voie d'une opposition/confrontation de styles. Trois jouent debout, un autre assis. Les archers frictionnent cet infra d'un peu plus d'une heure dans une composition linéaire sur la vibration. Une autre opposition vous remarquerez, ça vibre dans la ligne. Ici leur terrain, dans une pugnacité mordante, ici leur prédilection, dans un drone tournoyant, presque noise. Une infrastructure se construit en direct, là sous vos oreilles. Une infrastructure grandiloquente, au gigantisme exacerbé. Une masse volubile tenace. Mais pourtant stagnante. Chaque variation pousse la prochaine dans ses retranchements. Un disque excellent dans sa façon d'aborder les thèmes qui jalonnent la pièce. Parfois presque cinématographique j'ai envie de dire. Une infrastructure à 360°, pour rester dans la thématique du cinéma, où l'on se demande parfois où ils vont s'arrêter. Alors qu'ils vont déjà très loin. L'écoute au casque, chaudement conseillée, relève parfois du physique. Il n'y a pas à dire, SLEAZE ART c'est du physique, c'est du sport !
cyrille lanoë
ueno park - manuel adnot solo
dix-mille yeux
troparetpr01
distribution : autodistribution
lp
Après avoir lancé le label Drone Sweet Drone, Amaury Cornut, entre autres et comme si cela ne suffisait pas, auteur du livre sur « Moondog à travers le XXème siècle » chez Le Mot et le Reste, et instigateur du quatuor Minysim, se jette dans un nouveau label, Tropare. Axée sur la découverte d'horizons intimistes, cette nouvelle collection semble se placer sous le signe de l'acoustique avec pour première sortie vinyle, un solo de guitare acoustique par MANUEL ADNOT (entendu entre autres aux côtés de Noël Akchoté). Guitariste jazz, MANUEL ADNOT s'exerce (au sens figuré n'est-ce pas, vu son background il est loin de débuter!!) au solo de cordes nylon aux influences américaines. C'est de Gastr'del Sol pour ma part, que je rapproche parfois son univers. Ce qui semble, pour en avoir parlé autour de moi, ne pas être pour lui une influence directe et majeure. Étonnant donc d'entendre des sonorités écoutées ici ou là se frotter à ces ambiances aux notes cristallines légères, parfois africanisantes, parfois proches des sons d'une harpe comme sur l'entame de ce disque au format pop (10 titres pour une petite quarantaine de minutes). Capable aussi de jouer un semblant de bossa sur « La voie lactée, dans une sorte de rugissement formidable, se coule en lui ». De la poésie aussi donc, de par les titres. Des instrumentaux qui se jouent des genres, se nourrissent d'inspirations propres, directes, faits de petits silences, d'arpèges aériens plutôt fins. Juste ce qu'il faut de précieux pour apprécier un disque sans prétentions mais qui se retrouve en haut de la pile de par son côté attrayant et doux. En plus de la simple écoute, ce disque nous permet de découvrir cet artiste aux multiples facettes et plutôt attiré par le « sonore » de par un travail méticuleux avec un luthier afin de créer cette guitare personnelle, en plus de favoriser les prises sons directes et l'acoustique. Ce qui ajoute encore un peu plus de piment à ce disque qui se laisse apprécier écoutes après écoutes. Au moment où je vous écris, je me trouve à l'école de musique polyphonie loire divatte, attendant la fin du cours de contrebasse de mon ainé, aux côtés de quatre élèves qui eux pour le coup s'exercent à la guitare acoustique. Plutôt agréable car cela se mélange finalement bien à l'écoute. Je dis cela également parce que ce disque a été en partie enregistrée non loin d'ici et de chez moi, dans le beau vignoble nantais, à St Julien de Concelles.
cyrille lanoë
the thing
shake
the thing records/trostttr005
distribution : metamkine
2xlp
The Thing, fucked up punk jazz trio since 1999. Cette chose là c'est de la dynamite. Du punk jazz, du free en veux-tu en voilà, qui utilise les « codes » free-jazzystiques : un power trio cordes, vents et batterie, des reprises de thèmes par ci par là (ici à chercher du côté du rock planant de Loop et du free d'Ornette Coleman avec le titre « Perfection » ) pour l'emmener jusqu'on ne sait pas encore où car depuis leurs débuts sur Crazy Wisdom et leur album de reprises en compagnie de Joe Mc Phee, ils ne cessent de prouver disque après disque leur amour du (beau) jeu, de l'instantané, qui vu le nombre de productions pourrait s’essouffler. Mais rien de tout ça. Ici ça secoue encore sévère, une déambulation jazz qui débouche toujours sur des thèmes venus de nulle part, là où on les attend pas. On plane de surprises en surprises, de résurrections en émanations jouissives, de thèmes plus rock and roll que le rock, avec une énergie insolente. Ne cherchez pas, vous n'arriverez pas à me faire dire quoi que ce soit de négatif sur ce disque, déjà classé parmi les pépites de ce début d'année. Et du point de vue personnel, à travers le titre « Aim », ce disque me replonge avec nostalgie (même si cela suit l'actualité de leur tournée de reformation) dans la musique du quatuor Prohibition avec Quentin Rollet sur leur superbe titre "Oh my beautiful december". Bon Week End.
cyrille lanoë
kit wilmans fegradoe
issa
important recordsimprec422
distribution : metamkine
cd
KIT WILMANS FEGRADOE raconte un bout de vie de ISSA. Ballotté entre l'Orient et l'Occident à en lire les notes de pochettes relatives à chaque titre. Chaque titre justement, met en musique un événement marquant de la vie d' ISSA, ses départs, ses retours, ses voyages. Des paysages instrumentaux ou presque, bien souvent à la guitare acoustique que Manuel Adnot appréciera sûrement. Les amateurs du genre aussi, ici, contrairement au disque de Manuel, découvriront avec plaisir les sonorités proches des américains héritiers de John Fahey, Jack Rose ou Glenn Jones entre autres. Mais puisqu'un disque sur Important n'est décidément pas un disque comme les autres, chaque pièce est un peu unique. Si la guitare règne sur les premiers titres, c'est vers dans le drone et la dark folk qu'ISSA se balade. En trio sur les morceaux les plus orchestrés en compagnie de Joshua Tristan Churchill (sax/clarinette/shruti box) et Brigitte Hart (voix, violon), la musique de KIT WILMANS FEGRADOE déambule de pièces pour voix quasi solo sur le superbe titre « Mary », presque proche de la voix pop de Broadcast, toute en écho, en pièces pour percussion (par KWF) inspirée par la méditation sur « Anicca », qui ne saurait déplaire non plus à Sarah Hennies. « Nibbana » quant à elle sonne comme de l'ambiant que l'on peut écouter chez Kranky. La dernière pièce du disque est la plus électroacoustique et clôture un album plutôt joli, plutôt très personnel, plutôt éclectique, et plutôt bien. Un disque qui sans doute aura du mal à toucher un large public mais qui s'écoute bien. Je ne retiendrai pour ma part que la première partie, jusqu'à la pièce pour voix. A découvrir tout de même, rien que pour celle-ci.
cyrille lanoë
in love with
axel erotic
be coqbecoq18
distribution : metamkine
cd
Be Coq hausse le ton. Accélère le ton. Bombe le torse. Exulte le ton. Ravage le ton. Il y a du Bloc Thyristors dans le ton, dans le son, dans les titres surréalistes (« Bien peigné en toute occasion », « Sexy Champagne »...), dans la (bonne) musicalité. Be Coq s'installe donc définitivement dans le sillage des labels défricheurs hexagonaux, défricheurs acoustiques avec ici cordes et percussions. Improvisations jazz, électroacoustiques mélodiques, méthodiques. Le tout dans un esprit rock qui met beaucoup de monde (dont moi bien sur) d'accord. Avec la force des cordes frappées, maltraitées, dans une verticalité proche de compositions de Fred Frith sur « Asil Guide ». Guide est le mot. Pour le reste, les titres s'imbriquent magistralement dans une composition globale. Dans un ensemble aux percussions parfois proches de Moondog sur le morceau terriblement d'actualité « Les flics de la police », qui s'approche délicatement de The Roof. Dans une danse ondulante charmante. Les lecteurs du Son du Grisli et d'Improjazz s'y retrouveront, vous aussi de Revue Et Corrigée bien sur, de plus la pochette est signée par Julie Cronier, aperçue sur la couverture et les premières pages de notre numéro 104 de juin 2015. Un disque rafraîchissant. 
 
 
 
 
 
cyrille lanoë