sonae
starting wearing black
monika enterprise
distribution : morr music
cd
Vinyl gris, présentation minimal, titre évocateur, bug numérique porté sur une galette, Sonae (artiste allemand) propose un son au delà d’une musique techno, post-dance floor, quelques peu expérimental sans accoup trop marqué. Sur certains titres nous croisons même le fer avec de l'electronica composé de sons concrets et de séquences rythmiques dans la distance plutôt que présente et ultime. Et puis au détour d’un morceau, une collaboration presque décalé, avec le violoncelliste Gregor Schwellenbach pour de légers mouvements de cordes qui se déplient et s'entremêlent aux grattements électroniques, répétitifs, presque contemporain mais à tendance post-rock sur les bords. Un disque aux influences multiples qui se joue des genres et se ballade à travers différentes formes d’écritures. Tout en se rappelant bien que l’on en revient toujours à un beat plus ou moins présent, relents de techno-minimal berlinois, clubbing intelligent ou bien encore une forme de critical beat exigeant. 
 
 
 
 
 
andré baugé
otomo yoshihide
guitar solo 2015 – right
doubtmusicdmf-170
distribution : metamkine
cd
Calme, subtile, le guitariste Otomo Yoshihide écrit et parfois improvise. Il est passé, en 30 ans, par plusieurs types de jeu, il renoue ici avec une forme semi-improvisée où la guitare, seule, redevient un terrain de jeu essentiel. Les procédés sont variés : gratté, frotté, joué à l'archet ou à l’Ebow (archet électronique), les sonorités complexe et précises. Ce disque est basé sur des enregistrements que Yoshihide a fait pour une installation sonore sur 16 enceintes à ICC à Tokyo à l’invitation de Minoru Hatanaka, curateur japonais collaborateur du centre d’art. Cet enregistrement à donc été modifié pour être adapté à l’écoute stéréo. Il est intéressant de penser une musique improvisée de ce type, idiomatique dans l’esprit de Derek Bailey pour une partie de cet enregistrement, comme potentiellement le lieu d’une écoute en exposition, donc avec du recul vis à vis de la performance et du moment de la spontanéité. l’interrogation demeure néanmoins, sur ce que la diffusion en exposition aura apporté à l’écriture et à l’improvisation de Otomo Yoshihide :, peut-être cette idée de tableaux qui se développent sous des petites formes plutôt qu’une longue plage improvisée. En tout les cas un enregistrement qui crée une certaine forme de décalage quant à l’idée de disque ou d’enregistrement d’une improvisation live.
andré baugé
günter müller / kurt liedwart / norbert möslang
ground
mikroton recordingsmikroton cd 65
distribution : metamkine
cd
"Cracked everyday electronics" c’est ainsi que se présentait Voice Crack dans fin des années 90, une idée qui plaît plutôt bien à Kurt Liedwart qui reprend le concept dans ses collaborations avec les musiciens suisses concernés de près ou de loin par ces idées. En effet si Günter Müller est plutôt connu comme percussionniste, il s’est intéressé très vite à l’électronique et les formes de méta-percussions, mais il a collaboré avec Voice Crack régulièrement ; enfin Norbert Möslang est un des membres fondateurs du duo Voice Crack, il utilise toujours, notamment dans ce trio, des instruments électroniques détournés du quotidien (radio, lampe, jouets, petits appareils en tout genre) le tout dans un joyeux concentré de circuit bending aux sonorités abstraites et parfois abrasives. Kurt Liedwart c’est le musicien derrière le label russe Mikroton, il joue régulièrement en collaboration avec différents artistes qu’il invite et produit sur CD. Il joue notamment du synthé modulaire et des instruments électroniques de façon plus large. Sur ce disque se développe une musique pleine, électronique, foisonnante et en mouvement. Des petites formes modulables s’entrechoquent dans un mélange improvisé plutôt bien construit sur deux plages sonores de presque une demi-heure chacune.
andré baugé
chesterfield
consuelo
mikroton recordingsmikroton cd 62
distribution : metamkine
cd
Le temps est donné qui se découle tout en légèreté. Des cordes qui vibrent, un piano discret, un violoncelle lointain, du field recording à droite et à gauche. Une forme de paysage sonore tout en espace qui prend corps comme un dessin, lente construction de ligne, clin d’œil à Luc Ferrari de temps en temps, un folk léger à la Sugimoto. Le son est plutôt de bonne qualité avec une présence claire de chacun des instruments qu’ils soient acoustiques ou électroniques. Le mélange du live et parfois du studio s’entend dans des petites résonances acoustiques en pointillés, et ce côté guitare qui forme ainsi une narration, un peu classique en un sens, mais qui se marrie bien avec l’ensemble jamais trop dans la surenchère. Chaque pièce ne s’attarde pas trop avec parfois des coupures nettes, précises vous laissant, en tant qu’auditeur, légèrement sur votre faim . Mais cela crée en un sens un réel objet d’écoute à usage domestique (dans votre salon par exemple). 
 
 
 
 
 
andré baugé
book of air
fieldtone
sub rosasrv412
distribution : metamkine
2xlp
Ambiance lounge pour book of Air, guitare aérée, rythmique jazzy, le tout couronné d’une sensation folky ambiante dans le genre de Tortoise. Sur l’ensemble des morceaux la section rythmique est assez en arrière, la guitare menant la danse à grands coups d’accords très étirés à la John Fahey. La musique est composée par Stijn Cools, le batteur de ce groupe, ou de ce projet, on en est pas sûr, pour une forme apparemment improvisée. Si nous avons compris l’idée en deux, trois morceaux, une certaine forme d’ennui se met en place sur la longue, comme un long voyage sur une rivière sans fin. 
 
 
 
 
 
andré baugé
new tendencies
l5
forking paths records0013
distribution : bandcamp
k7/bandcamp
Projet Electronica-expérimental de Toronto sort un opus, L5, avec dix titres au plus près de leur idées sur la manipulation du son et de la rythmique, post-dance floor s’il en est. Chaque track à sa façon de traiter cette forme de musique électronique, effectivement, un peu à la 12K d’un Ryoji Ikeda, Richard Chartier ou d’autres représentants du genre. Un son de bonne facture qui tend à prendre de l’élan quand il est glitché, saturé, cela peut même prendre des airs de Pita, ou Pan Sonic et lorgne sur une recherche du son plus que sur le 4/4 bien lancé. L’ensemble se divise en plusieurs genres de l'electronica, touchant parfois comme sur Wise à de la musique plus saturée aux limites du genres, drone peut-être. Cela ne devient jamais musique d’ambiance, tout cela change rapidement et nous n’avons pas trop le temps de nous y perdre sauf dans les passages plus rythmés qui ont à tendance à proposer qu’un seul type de beat. 
 
 
 
 
 
andré baugé