knalpot
dierendag
shhpuma recordsshh 046 – 2018
distribution : metamkine
cd
Trio issu de la scène néerlandaise – quoique le guitariste Raphaël Vanoli, dont on a pu apprécier récemment l’album solo Bibrax, soit d’origine franco-allemande, et le batteur Gerri Jäger, membre par ailleurs de Naked Wolf, soit natif d’Innsbrück – dont la conception sonore est dévolue à Sandor Caron, Knalpot (« pot d’échappement ») sévit depuis près de dix ans. Ce Dierendag (« journée des animaux ») est son troisième album, et c’est un recueil étrange, teinté d’humour, sorte de croisement entre le rock, l’improvisation, les effets électroniques proposés par chacun des musiciens, au service d’une musique d’apparence légère, parfois quelque peu technoïde mais réalisée avec finesse, doigté, et un sens aigu des combinaisons rythmiques et des contrastes 
 
 
 
 
 
pierre durr
johanna sulkunen sonority
koan
ilk musicilk276 – 2018
distribution : metamkine
lp
Musicienne et chanteuse finlandaise installée au Danemark, Johanna Sulkunen combine la voix et l’électronique, un peu comme la norvégienne Maja Ratkje. Sa musique s’apparente aussi à certains travaux d’Anne Gillis. Son propos est toutefois assez différent dans cet enregistrement : se basant sur le concept bouddhiste de Koan (énigme sans solution pouvant provoquer l’illumination), elle y retravaille également les voix qu’elle a captées dans les temples bouddhistes japonais lors d’un voyage en 2016, en y intégrant aussi quelques sons environnementaux. « J’ai dû contextualiser le texte et le projet avec lequel je travaille. Je voulais aussi enregistrer les sons et les objets dans les temples pour créer de la musique avec l’environnement », explique-t-elle. Le traitement électronique de ces captations, ajoutées à une voix délicate, aboutissement à des masses sonores mouvantes, découpées en sept tableaux, tantôt éthérées comme un souffle, tantôt plus bruitistes, hachées, parfois tenues. Des sons participant de cette quête impossible de sens, mais qui prennent pour l’auditeur pleinement leur sens dans un espace confiné (écoute au casque, par exemple !). 
 
 
 
 
 
pierre durr
laurent saiet
the call of lovecraft
trace labeltrace 046
distribution : metamkine
cd
Le cinéma ne quitte jamais vraiment l'univers musical de LAURENT SAIET, ou c'est lui qui ne le quitte pas toujours totalement (il a travaillé entre autres sur « La jetée » de Chris Marker), lorsqu'il s'inspire de nouvelles fantastiques de Howard Philips Lovecraft sur ce nouvel album tout juste paru, en proposant une vidéo de Justine Gasquet en fichier mp4 avec le film « Invocation » dont il signe la musique naturellement. Commencer une chronique de disque par le cinéma n'est pas forcément incohérent (il ne manquerait plus que ça), tant les paysages sonores appellent l'horizon, les courbes (comme celles du film de Justine), le calme avant la tempête, les éléments naturels en somme. Une musique forcément ambiante, un tout petit peu plus que ce que j'avais pu entendre sur la bo du film « Errors of the human body » par Anthony Pateras (sur editions mego, eMego140, paru en 2012). Les compositions se distinguent par ce joli croisement entre les électroniques et l'acoustique des musiciens invités (Quentin Rollet,Jean-Noël Cognard et Ben Ritter) et cela fonctionne plutôt bien. Elles naviguent entre électroacoustique et ambiant, voire musiques électroniques un peu dark proches du trip hop le plus expérimental comme sur les titres « Arkham » ou « Bellows falls ». Un univers singulier aussi angoissant que rassurant. 
 
 
 
 
 
cyrille lanoë