MIMOSA

(S)EVERING

BANDCAMP – 2026

Lille, décor de terrils noircissant le paysage, maisons de brique rouge, paysages industriels délabrés qui s’effacent avec leur histoire. De quelle manière la topographie d’une ville influence-t-elle (ou pas) les musiques qui y naissent ? Éric Mimosa habite ce paysage, et le chante sur sa lapsteel 8 cordes National, un instrument échoué là depuis les plages d’Hawaï en passant par Chicago, instrument qu’on entend essentiellement dans la country, très peu ailleurs. Aux mélodies répétitives des vallons et des collines américains, Mimosa substitue un jeu abstrait sur les matières et les textures d’une belle monotonie, qui évoque la platitude des paysages du Nord, le monochrome des murs et des herbes grises. Éric Mimosa aborde ici la musique en paysagiste, dessinant des champs d’herbes froissées par le vent, les terrains vagues qu’il arpente, sa musique est toute en résonances, glissandi lents, arpèges cycliques. Flottent en arrière-plan des rémanences de vieux blues, furtifs et fantomatiques, qui se dissolvent dans ses aplats limailleux, et donnent à ses compositions cette mélancolie douce. Éric Mimosa a une approche empirique de ses instruments – guitares, saxophone, lapsteel –, condition aux rencontres impromptues entre le savoir des mains et le hasard créatif, partir dans l’inconnu, autre condition, celle de l’improvisation. Deux titres dans lesquels on s’installe comme devant un film, l’image prenant forme dans son écho sonore.

Michel HENRITZI

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