LA SOCIÉTÉ DES TIMIDES À LA PARADE DES OISEAUX

L’ŒIL AU CENTRE DE L’ŒIL

ADN RECORDS, CD – 2025

Maintenant le rythme de parution adopté au milieu de la décennie précédente, donc trois ans après Romanciel, La Société des timides à la parade des oiseaux conserve son line-up en quintet, invitant toutefois pour « L’immortinaliste », à la trompette et au sax, un artiste visuel, Iomai. Curieux… Gilles Laval évoquait (voir plus haut) « Le Bateau ivre » de Rimbaud, et voici que l’iconographie du dernier opus de la formation rennaise nous montre un bateau divagant et pris dans l’œil (d’un cyclone ?). Le titre veut-il nous suggérer que la formation se propose d’étudier cet œil ? Son observation ne sera donc pas de tout repos. Et subir le cyclone sera une aventure tout aussi déstabilisante. Il y a d’abord cette voix, celle de Pascal Godjikian, hallucinée, hystérique, haletante, voire pathétique sinon bégayante. Puis la guitare, parfois timide ou plaintive, mais assénant des riffs bien acérés. Les claviers sont frappés de chutes de grêle, quand les synthétiseurs sont scintillants sinon éthérés. La basse gronde quand elle ne martèle pas des rythmes entraînants, celui des percussions qui se fracassent. Les roulements se succèdent, et puis… arrive l’œil proprement dit, avec son impression d’accalmie (« Moïse et Aaron ») démentie par les textes, empruntés à deux livres de la Torah, le Lévitique et les Nombres.

Pierre DURR

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