hey ! tonal
hey ! tonal
cmptr stdntscs004
2xlp
La réédition a du bon ! Parfois on passe à côté sans s'arrêter, et on ne saura jamais pourquoi. Cmptr Stdnts, label italien, a alors eu cette incroyable idée de ressortir cet album paru sur African Tapes en 2009. Un relooking total et une auto-réutilisation d'un back catalogue sorti par la même personne, Julien Fernandez, mais pas sous le même nom. Le bon de la réédition, nous resservir à maturité de plus de 10 ans d'âge un projet déjà fort ahurissant à l'époque. Un duo formé par Mitch Cheney (Rumah Sakit...) et Alan Mills (Chisai-oto...) qui a parcouru le globe pour aller enregistrer des amis batteurs pour les unir autour d'un concept basé sur cet instrument, à ses yeux injustement mis en valeur dans le processus de composition. Jusqu'à transformer certaines parties de batterie par de la guitare à l'aide de Reason, sur MIDI. Le résultat est incroyable, tout le monde au service de la percussion, et pourtant les guitares se font tranchantes, cinglantes, la basse se la joue parfois à travers un dub qu'aurait pu imaginer Adrian Sherwood sur le titre ''Uppum'', l'ouverture ''If Flash Gordon was a sk8er'' vibre un hommage non dissimulé à June Of 44 et Storm & Stress (les écrits n'engagent que leurs auteurs hein!), dans un registre presque métallique qu'affectionne le groupe plus largement connu ces temps-ci et non moins très bon, Idles. Le noise n'est pas loin et part vers certaines contrées explorées par quelques formations audatieuses de chez Constellation : Fly pan Am et Avec le soleil sortant de sa bouche. Si on recentre un peu ça cogne quand même assez dur très souvent et quand le re-recording s'en mêle sur ''Smarmy Faulkner'' et ''Skitch'', le math rock est alors une histoire ancienne qui se réécrivait déjà à l'époque, dans une mutation du medium qu'orchestre Will Guthrie tout récemment dans son ''People pleasure Part II'' par exemple. Et ça fait pas dans le détail. Si on vous dit que derrière les amis batteurs on trouve = Kevin Shea (Storm & Stress), Theo Katsaounis (Joan of Arc), Dave Davison (Maps and Atlasses), et les apparitions de Julien Fernandez (Chevreuil) et Kenseth Thibideau (Rumah Sakit encore une fois), c'est sur que cela n'allait pas jouer dans la guimauve. Et connaissant Julien Fernandez, aux manettes du label, vous avez droit à un artwork de fou avec une capsule en papier gris alu « façon clinique », comme avait pu le faire (et d'autres surement) Stereolab et Nurse With Wound pour leur collaboration sur Duophonic en 1997, enveloppant ici une pochette graphique gatefold jouant sur l'illusion optique, le tout sur deux maxi blancs nacrés. Une sacré aubaine pour nos chers yeux et oreilles.
cyrille lanoë